Communiqué de presse

La disparition du « médecin de famille », un réel désastre

07/10/2026

Plus de 20 ans après la mise en place de l’obligation d’avoir un médecin traitant, 6 millions de nos concitoyens n’en possèdent pas.

Plus dommageable encore 600 000 patients affectés de maladie chronique en sont dépourvus.

Les raisons sont multiples :

-15 % des généralistes se sont éloignés de ce pour quoi ils ont été formés par la collectivité (salariat, remplacement, exercice plus lucratif en soins de santé non programmés …)

-départ massif en retraite des « médecins à l’ancienne »,

-changement de la relation à la profession de médecin dans les nouvelles générations avec une aspiration légitime à un équilibre travail vie privée mieux assuré.

-dé idéalisation de la profession par les médecins et les patients.

Le résultat est que la coordination complexe et indispensable n’est plus assurée pour tous, que le nomadisme médical n’a jamais été aussi important avec les risques sur les coûts des soins et la qualité de prise en charge qui vont avec.

La révision du forfait médecin traitant ira peut-être dans le bon sens, nous le verrons à l’usage, mais ne sera sans doute pas suffisant. Un certain nombre de mesures sont nécessaires :

-meilleur contrôle et régulation des centres de soins non programmés et des centres de consultations à but lucratif qui font florès ;

-limitation du nombre d’années d’exercice en tant que médecin remplaçant à 3 ou 5 ans ;

-analyse des pratiques de généralistes plus fines et individualisées pour qu’il y ait au moins un exercice minimal en tant que médecin traitant ou référent quel que soit le titre d’exercice : la fonction de médecin généraliste doit être l’exercice principal pour ces médecins que la communauté nationale a formé, notamment pour les malades chroniques.

-meilleure rémunération et meilleure considération pour les médecins qui exercent ce rôle complexe, chronophage et souvent ingrat de médecin de famille, mais pourtant indispensable.

-sortir du tout paiement à l’acte qui encourage la multiplication des consultations et l’empilement des actes aux dépens de la prévention, de l’analyse et de la réflexion médicale fine.

-continuer le travail de développement des pratiques coordonnées et pluriprofessionnelles.

Dans un contexte indispensable d’évolution à venir de notre système de santé, nous ne pouvons faire l’impasse sur les déviances du système et aussi ce qui les génère. Nous sommes comptables des ressources que nous consacrons à la Santé et nous ne pouvons admettre que des malades chroniques soient livrés à des médecins de « rencontre ».

La disparition du médecin famille est un désastre majeur que l’on a sous-estimé et nous nous devons de restaurer la fonction.

Madjid Si Hocine

Secrétaire national à la Santé du Parti Radical

 

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