VOIX RADICALE : ENTRETIEN AVEC ALEXANDRA ANDRE

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Alexandra André est conseillère municipale à Pulnoy (Meurthe-et-Moselle) et secrétaire nationale du Parti Radical à l'éducation et à l'enseignement supérieur.

1/ Vous êtes élue à Pulnoy, aujourd’hui dans un groupe minoritaire après avoir été adjointe déléguée aux affaires scolaires : que retenez vous de votre mandat précédent ? Quelles réalisations ou quelles difficultés rencontrées ?

La réalisation dont je suis  la plus fière est la création d’un tarif spécifique pour les familles monoparentales dans les accueils périscolaires, une initiative encore très rare en France.

Ce dispositif est né d’un constat objectif. Les analyses des besoins sociaux, que les collectivités sont tenues de réaliser, avaient mis en évidence une surreprésentation des familles monoparentales dans la métropole du Grand Nancy par rapport à la moyenne nationale. À Pulnoy, cette proportion était encore supérieure à la moyenne métropolitaine.

Il ne suffisait donc pas de constater cette réalité,  il fallait en tirer des conséquences concrètes et apporter une réponse adaptée aux besoins de ces familles.

C’est précisément ce que je retiens de mon engagement : une politique municipale doit partir des réalités du terrain, identifier les besoins de la population et imaginer des réponses à la fois équitables, pertinentes et vertueuses. Ainsi, les obligations réglementaires, parfois perçues comme de simples contraintes administratives, peuvent ainsi devenir de véritables outils d’aide à la décision et à l’innovation.

D’autres dispositifs ont également été mis en place, comme la tarification au quart d’heure pour mieux répondre à l’évolution des modes de vie des familles, les tarifs fratrie ou encore la restructuration des accueils périscolaires en partenariat avec l’UFCV, toujours avec cette même volonté d’adapter le service public aux besoins des habitants.

Quant aux difficultés rencontrées, elles sont avant tout d’ordre financier. Les contraintes budgétaires constituent bien souvent le principal frein à nos ambitions et à notre volonté de développer de nouveaux dispositifs au service des habitants.

2/ Comment voyez-vous aujourd’hui votre rôle dans un groupe minoritaire ?

Je considère que mon rôle au sein d’un groupe minoritaire est avant tout de mettre à profit mes 25 années d’expérience municipale, acquises au sein de la majorité. Cette expérience m’a permis de développer une connaissance approfondie du fonctionnement de ma commune, de ses enjeux et de ses contraintes. Elle me donne aujourd’hui la possibilité de porter un regard averti sur les décisions municipales.

C’est dans cet esprit que j’ai créé, avec quelques autres élus, la page Facebook « Oser Pulnoy », en écho à la devise de la commune, « Oser entreprendre ». Nous y partageons des états des lieux, des comptes rendus des conseils municipaux, mais aussi des réflexions et des propositions.

L’objectif n’est pas de critiquer pour critiquer, mais d’exercer une vigilance constructive, d’informer les habitants et de contribuer au débat public local. 

Être dans la minorité ne signifie pas être systématiquement dans l’opposition : c’est aussi continuer à agir, autrement, dans l’intérêt de la commune et de ses habitants.

3/ Vous êtes également secrétaire nationale du Parti Radical en charge de l’éducation et de l’enseignement supérieur, sujet majeur et particulièrement d’actualité. Si vous aviez un seul message à faire passer, lequel serait-il ?

Si je devais faire passer un seul message, ce serait celui de la confiance dans notre jeunesse.

Au-delà de mes responsabilités politiques, je suis avant tout enseignante en lycée et je mesure chaque jour combien les jeunes ont du potentiel, des compétences et un regard sur la société qui leur est propre. Ils ne les expriment pas toujours avec nos codes, ni selon les attentes des générations précédentes, mais cela ne signifie pas qu’ils en sont dépourvus. Ils possèdent des aptitudes différentes des nôtres, qu’il nous appartient de reconnaître et de valoriser.

Faire confiance à la jeunesse, c’est aussi lui donner les moyens de ses ambitions et l’encourager à élargir le champ des possibles. Nous devons inviter les jeunes à explorer toute la diversité des parcours de formation, sans se focaliser systématiquement sur les mêmes filières ou les mêmes métiers. Notre responsabilité est de les accompagner, de leur ouvrir des perspectives plutôt que de les enfermer dans des choix convenus, et de leur permettre de construire leur propre avenir.