VOIX RADICALE : ENTRETIEN AVEC EMMANUELLE SOULIER

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Entretien avec Emmanuelle Soulier, adjointe au maire de Mende, Conseillère communautaire, Déléguée départementale de la fédération de la Lozère, Membre du Conseil stratégique des élus.

« Vous avez mené votre propre liste au premier tour avant de rejoindre celle de Patrice Saint-Léger pour le second tour, et vous voilà aujourd'hui adjointe au maire de Mende. Comment vivez-vous cette bascule de l'opposition à l'exécutif municipal, et pourquoi avoir souhaité cette alliance ?»

Pour la bascule de l'opposition vers l'exécutif c'est évidemment bien plus facile dans ce sens. Je suis par ailleurs convaincue que les années passées dans l'opposition me sont aujourd'hui utiles, elles ont été très formatrices.

Dans la majorité, les informations concernant la collectivité vous sont données et n'aiguisent pas votre esprit critique. Pour réussir un mandat dans l'opposition il faut beaucoup d'abnégation, de sang froid, d'humilité, de concision dans les propos, c'est un apprentissage de la démocratie et surtout lorsque vous essayez par vous même de comprendre comment fonctionne un budget vous pouvez mieux assimiler les informations collectées.

Évidemment passer du côté de l'exécutif c'est passer de la théorie à la pratique et enfin agir concrètement dans l'intérêt de la collectivité. Je ne regrette pas ce passage par l'opposition pour l'apprentissage de la fonction d'élu mais également parce qu'il m'a conforté dans la conviction que la gestion menée par l'ancienne majorité n'était pas la bonne, l'alliance avec M Saint-Léger entre les deux tours fut donc une évidence. 

Lors de la campagne menée comme tête de liste les mendois étaient très affirmatifs, ils ne voulaient plus de l'ancienne municipalité et au second tour après notre alliance, aucune des voix des deux équipes n'a manqué, le résultat du second tour c'est l'addition parfaite des résultats des deux listes lors du premier tour.

C'est avec beaucoup d'humilité que nous avons fait le choix de cette alliance et je ne le regrette absolument pas. Même si nous avons quelques divergences idéologiques, ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous différencie, je suis assez autonome et nous avons une réelle relation de confiance. 

« En tant qu'adjointe, quels sont selon vous les dossiers prioritaires pour Mende dans les mois qui viennent ? »

Nous avons du remettre à plus tard nos priorités. Nous avons pour l'heure, après un premier état des lieux, dû mettre à jour les dossiers et nous nous sommes occupés du fonctionnement. Les nécessités du quotidien se sont imposées à nous, comme la remise en état et la vérification des bornes à incendie, la remise en état des fontaines, faire le suivi des subventions, des conventions avec l'Etat, la Drac, la région, la rationalisation des services...

Les prochains chantiers prioritaires vont concerner la mixité sociale dans le centre-ville, la qualité des logements : la loi ELAN a eu chez nous un effet néfaste sur la qualité des logements sociaux.

Nous devons également travailler sur les loyers commerciaux. J'ai pour délégations, le centre-ville, le commerce, le tourisme, le patrimoine et l'attractivité, je suis également 7ème vice-présidente de la communauté de communes coeur de Lozère.  

L'attractivité est un sujet prioritaire fortement impacté par les liaisons avec l'extérieur, le sujet de la continuité territoriale me préoccupe, ne sommes-nous pas une île au milieu de la métropole ?

Nous devrons retrouver des relations apaisées avec la région et nous assurer de la sécurisation et de l'approvisionnement en eau potable de la ville.

« En tant que déléguée départementale du Parti Radical en Lozère, comment percevez-vous la place du radicalisme dans un département rural comme le vôtre ? »

La place du radicalisme peut malheureusement sembler anecdotique, il faut être lucide, mais ce parti conserve quelques atouts que nous devons exploiter.

Le premier atout est de fédérer des adhérents aux compétences variées, c'est un parti ou les débats sont ouverts et les réflexions riches. Un parti très convivial.

La dimension rurale est prise en compte, la diversité des territoires fait parti de son ADN, le Parti Radical valorise la richesse des territoires ruraux, là où d'autres partis s'intéressent à la communication et aux grandes villes. Les territoires ruraux sont devenus le terrain de jeu du RN et ont été abandonnés par les partis centristes pour des raisons comptables ( ils représentent peu d'électeurs).

Le Parti Radical continue de travailler les sujets qui préoccupent les populations de ces territoires éloignés, sa permanence historique et son ancrage dans la ruralité sont des atouts à valoriser.