Libérer le détroit d’Ormuz : une nécessité absolue pour notre agriculture et notre souveraineté alimentaire
14/05/2026
Le détroit d’Ormuz assure le transit d’un tiers des exportations mondiales d’engrais azotés, dont 35 % de l’urée, l’engrais azoté le plus utilisé en agriculture. Depuis le début du conflit, le prix de cet intrant essentiel à une fertilisation efficace des cultures a bondi de 60 % en Europe. Nos producteurs céréaliers ont dû revoir leurs assolements et leurs rotations culturales, au risque d’accélérer l’épuisement des sols. Pour le maïs seul, une réduction des surfaces emblavées de 15 % est déjà anticipée pour cette campagne.
Les stocks constitués fin 2025 ont permis d’amortir le choc dans un premier temps, mais si le conflit se prolonge, la crise s’aggravera dangereusement. À la pression des prix s’ajoutera bientôt la question de la disponibilité même des engrais : des coûts de production en forte hausse, des rendements insuffisants, des récoltes compromises, un engrenage que rien ne viendra enrayer sans intervention rapide.
Au-delà de l’Europe, cette crise menace de se transformer en véritable drame humanitaire pour l’Afrique et l’Asie, en particulier pour les pays déjà fragilisés par la pauvreté. Si aucune fertilisation n’est possible lors des semis de juin, les récoltes céréalières à venir seront catastrophiques, comme l’a solennellement averti l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Il est donc d’une urgence absolue que le détroit d’Ormuz soit rouvert à la libre circulation maritime. Ce passage stratégique est régi par le droit international de la mer, notamment la Convention de Montego Bay, qui garantit un droit de transit continu et rapide. Si les États riverains peuvent exercer un contrôle sur leurs rives, ils n’ont pas le droit de fermer la voie maritime internationale. La France, aux côtés du Royaume-Uni, se déclare prête à assurer une mission de sécurisation de cette route vitale. C’est une question d’intérêt général mondial, et pour notre pays, une question de souveraineté économique, agricole et alimentaire.
S’agissant de nos agriculteurs, français et européens, deux mesures s’imposent sans délai : la Commission européenne doit présenter un plan d’urgence sur les engrais dès ce mois-ci, et la réforme de la PAC doit intégrer un accompagnement renforcé des agriculteurs face à des crises qui, malheureusement, tendent à se répéter. « Nos producteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur métier, une fonction essentielle pour nos territoires, pour la Nation, et pour la planète tout entière », rappelle André PIAZZA, Secrétaire national Agriculture, Pêche, Mer du Parti Radical.