VOIX RADICALE : ENTRETIEN AVEC ELISABETH LEFEUVRE
Adjointe au maire à Bourg-la-Reine, vice-présidente du Parti Radical des Hauts-de-Seine
1. Vous avez été élue à Noisy-le-Sec avant de rejoindre le conseil municipal de Bourg-la-Reine. Après avoir été conseillère municipale, vous êtes aujourd’hui adjointe déléguée à la Cohésion sociale, séniors et intergénérationnel. En qui consiste votre mandat ? Quelles différences observez-vous par rapport à votre expérience à Noisy-le-Sec ?
Sur le terrain, ce ne sont évidemment pas les mêmes réalités, donc il faut une adaptation différente mais les problèmes de fond restent les mêmes.
J'avais une délégation un peu plus large à Noisy-le-Sec, puisque j'avais la santé et le handicap en plus, alors qu'ici, à Bourg-la-Reine, la santé et le handicap sont confiés à une conseillère déléguée. J'ai donc « un peu moins de charge de travail », même si l'équipe travaille vraiment en cohésion et en transversalité. On se rejoint sur les différents terrains pour être efficient sur la commune.
Sur le plan humain, Bourg-la-Reine est ma terre natale donc il y a un affect encore plus particulier. A Noisy-le-Sec, c’était la découverte d’un terrain en pleine mutation. Mais dans mon âme, c'est le même engagement : j'ai profondément ancré en moi les valeurs de la République, les valeurs humanistes, et j'ai à cœur de les porter sur différents secteurs. C'est une belle continuité de cet engagement.
2. À Noisy-le-Sec, vous aviez porté la mise en place du contrat local de santé et de cohésion sociale. Quels enseignements en tirez-vous, et est-ce qu'un dispositif similaire existe à Bourg-la-Reine ?
Il existe un contrat local de santé à Antony, auquel Bourg-la-Reine souhaitait se rattacher pour la santé mentale. A Noisy-le-Sec, ce n'était pas un contrat local de santé uniquement, mais un contrat local de santé et de cohésion sociale. C'est-à-dire qu'on avait des liens extrêmement étroits entre tout ce qui relevait du social, CCAS, emploi, mais aussi avec le handicap, la prévention par rapport à la maladie et l’insertion sociale et professionnelle. Il y avait aussi ce lien entre médecine privée, médecine publique et médecine libérale. Nous avions énormément de liens transversaux, ce qui permettait une efficacité de terrain dans le parcours de soins tant pour les professionnels que les habitants.
À Bourg-la-Reine, les choses étaient posées différemment au départ. Mais dans les faits, avec la nouvelle équipe, nous travaillons déjà dans ce sens-là, sans qu'il y ait de contrat formalisé. Les élus coopèrent : nous sommes très liés dans les rendez-vous avec la préfecture, l'agglomération, les institutions ainsi que l’ensemble des services de la mairie, par exemple la petite enfance et la santé. Cela permet d'avoir un tissu efficient sur le terrain. J'ai la chance d'avoir la délégation intergénérationnelle : je suis vice-présidente du CCAS, donc je travaille avec les seniors, mais aussi avec la petite enfance, les crèches, ma collègue maire adjointe dans cette délégation, ainsi qu’avec l’adjoint délégué aux associations.
En tant que conseillère municipale, j'avais déjà beaucoup observé ces dernières années la façon dont les choses fonctionnaient au sein de l’équipe. J'ai eu l’occasion d’en parler à mes collègues, et nous avons maintenant une manière un peu différente de faire qu'avant : travailler en cohésion participative dans chaque délégation plutôt qu’en silo, pour plus d’efficacité.
Pourquoi pas penser à la rédaction d’un contrat du même type qu'à Noisy-le-Sec après ce travail de collaboration.
3. Vous avez présidé la fédération du Parti Radical de Seine-Saint-Denis et êtes aujourd'hui vice-présidente de la fédération des Hauts-de-Seine. Vous avez été cheffe de file du Parti Radical pour ces municipales à Bourg-la-Reine. Comment est perçue cette étiquette politique par vos collègues au conseil municipal et par les habitants de la commune ?
Par rapport à mes collègues, l’étiquette est très bien perçue car nous avons l’image d'un parti « respectable ». Et ce qui est assez curieux, c'est que j'ai été très bien accueillie, avant même de devenir adjointe, tant par l’équipe en place que par l'opposition, qui respecte ce parti et reconnait ses valeurs. Certains de mes collègues élus, déçus par leur parti d’origine, ont même adhéré au Parti Radical en cours de mandat, l'année dernière. Il y a une forme d'attirance, même si elle ne se concrétise pas toujours par une adhésion, parce qu'on est un petit parti, ce qui ne rassure pas forcément des élus.
Pour ce qui concerne les habitants, pendant la campagne, je n'ai pas eu de réaction défavorable, ni particulièrement favorable, plutôt des interrogations ou de la curiosité : « qu'est-ce que ce parti ? ». Mais en réalité, les gens nous interrogeaient beaucoup plus sur leurs attentes concrètes, sur le terrain, que sur l'étiquette politique.
