VOIX RADICALE : ENTRETIEN AVCE JEAN-PHILIPPE MOREL

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Jean-Philippe MOREL est adjoint au maire à Dijon, chargé du devoir de mémoire, des anciens combattants de l'engagement citoyen. Il est Président de la fédération de Côte d'Or et Président de la commission des Statuts du Parti Radical.

Président de la fédération du Parti Radical de la Côté d’or, vous allez accueillir le 126ème Congrès du Parti Radical les 10 et 11 octobre prochains. Pouvez-vous nous préciser votre parcours « Radical » et pourquoi avoir candidaté pour l’organisation de cet évènement national ?

Je suis adhérent du Parti Radical depuis 2004. Cela fait donc plus de vingt ans que je suis engagé au sein de notre famille politique à laquelle je suis profondément attaché, et j’ai aujourd’hui l’honneur de présider la Fédération du Parti Radical de Côte-d’Or, avec une implication dans les instances nationales.

Accueillir à Dijon le prochain Congrès du Parti Radical revêt pour nous une signification toute particulière. Notre région Bourgogne-Franche-Comté est en effet lié à l’histoire du radicalisme, notamment à travers la figure d’Edgar Faure, ancien président du Parti Radical et personnalité majeure de la vie politique française, dont nous avons à cœur d’entretenir la mémoire et l’héritage.

Il y a également une dimension très forte dans notre candidature : le dernier congrès national du Parti Radical organisé à Dijon remonte à 1908. Plus d'un siècle après, il nous paraissait particulièrement symbolique de faire revenir notre famille politique dans la capitale bourguignonne.

Fort du poids de notre fédération qui a de plus en plus d'élus locaux, j'ai donc souhaité, avec toute la Fédération de Côte-d’Or, porter la candidature de Dijon. Recevoir les Radicaux venus de toute la France les 10 et 11 octobre prochains est à la fois un grand honneur, une responsabilité et une véritable fierté. Ce Congrès sera l’occasion de faire connaître le plus ancien parti politique français, et surtout de montrer que le radicalisme demeure une force politique particulièrement moderne, républicaine et tournée vers l’avenir à quelques mois des présidentielles et législatives.

2/Vous êtes également élu à Dijon dans la majorité de la Maire Socialiste Nathalie Koenders : pourquoi ce choix et quelles actions vous tiennent à cœur dans le cadre de l’exercice de votre mandat ?

Je siège dans la majorité municipale dijonnaise depuis 2020, aujourd’hui conduite par Nathalie Koenders, comme je suis engagé au sein de la majorité métropolitaine présidée par François Rebsamen. Ce choix est pleinement cohérent avec l'engagement radical : travailler avec une gauche républicaine et des formations politiques, attachées au rassemblement, au pragmatisme et à la recherche de solutions concrètes plutôt qu’aux postures dogmatiques.

À Dijon, j’ai la responsabilité du devoir de mémoire et de l’engagement citoyen. Ce sont des délégations auxquelles je suis particulièrement attaché, car elles touchent directement à ce qui fonde notre cohésion nationale. Faire vivre la mémoire, ce n’est pas seulement commémorer le passé : c’est transmettre aux nouvelles générations les valeurs de la République et leur donner les clés pour comprendre notre histoire.

L’engagement citoyen participe de la même ambition : faire vivre concrètement la citoyenneté, recréer du lien et rappeler ce qui nous rassemble au-delà de nos différences.

Dans l’exercice de mon mandat, je retrouve ainsi des valeurs profondément radicales : la laïcité, le solidarisme, la défense de la République et de ses institutions, mais également l’attachement à la construction européenne. Dans une période où notre société peut être traversée par les divisions et les replis, je crois plus que jamais nécessaire de porter ces valeurs de rassemblement, de dialogue et de cohésion.

3/Vous êtes par ailleurs avocat et défendez la plupart des élus victimes des menaces et d’agressions en Côté d’Or, un sujet sur lequel travaille le Parti Radical et notamment sa Présidente Nathalie DELATTRE : comment expliquez-vous l’augmentation des violences à l’encontre des élus ? Les élus sont-ils suffisamment protégés par la loi ?

En tant qu’avocat, je suis malheureusement amené à défendre régulièrement des élus de Côte-d’Or victimes de menaces, d’injures ou parfois d’agressions physiques. C’est un sujet sur lequel le Parti Radical est particulièrement mobilisé, notamment sous l’impulsion de notre présidente Nathalie Delattre.

Cette augmentation des violences traduit, à mon sens, une évolution préoccupante du rapport à l’autorité et à la chose publique. Les élus locaux sont les premiers visages de ce que j’appellerais la République du quotidien. Ils sont accessibles, identifiés, présents sur le terrain et se retrouvent ainsi en première ligne face aux tensions et parfois à une violence qui s’exprime désormais sans filtre, notamment sur les réseaux sociaux.

S’attaquer à un maire, à un adjoint ou à un conseiller municipal en raison de son mandat, ce n’est pourtant pas seulement s’en prendre à une personne : c’est s’en prendre à un représentant de la République et, au-delà, à notre démocratie locale.