VOIX RADICALE : ENTRETIEN AVEC KARINE BONNE

event-img

Karine BONNE est conseillère municipale déléguée aux Centres sociaux et culturels et à la Politique de la Ville à Chalons en Champagne

  1. Vous êtes élue à Châlons-en-Champagne, vous avez été conseillère régionale. Vous avez également des responsabilités au sein du Parti Radical. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous investir dans la vie publique ?

Mon père ! Investi, entre autres, dans la vie de son village, depuis d'aussi loin que je m'en souvienne. Conseiller municipal, puis adjoint au maire, maire, conseiller communautaire, et aujourd'hui maire honoraire, il m'a transmis les valeurs d'engagement pour l'intérêt général, pour la vie de la cité, et plus largement pour un territoire, ses habitantes et ses habitants. Petite, j'étais fière de lui prêter main forte pendant les campagnes, encore plus fière de me rendre au bureau de vote, et au dépouillement avec lui. L'origine est là. Ensuite, ayant poursuivi des études de droit, j'ai continué à évoluer dans des sphères politiques. C'est donc naturellement que j'ai souhaité prendre des engagements associatifs, politiques, et pour le territoire où je vis. Des petites gouttes d'eau, mais avec convictions et implication.

  1. Vous êtes aujourd’hui déléguée aux Centres sociaux et culturels et à la Politique de la Ville. Quels sont, selon vous, les principaux enjeux auxquels sont confrontés les habitants des quartiers et comment y répondre ?

Plusieurs enjeux à mon sens, mais principalement :

- l'isolement (je pense bien sûr aux seniors, mais aussi aux parents - largement majoritairement des femmes - qui élèvent seuls leurs enfants, et aux jeunes qui pour certains sont difficilement accessibles du fait de comportements de sédentarité, d'usage des écrans et utilisation des reseaux sociaux comme seuls modes de communication et d'"ouverture"),

- les problématiques éducatives.

Ces problématiques sont particulièrement préoccupantes chez les jeunes (notamment la question de la parentale et les questions de scolarisation, formation et insertion professionnelle).

Les réponses à ces enjeux ne sont pas évidentes. Elles doivent être multiples et diverses. Il nous faut collectivement (CSC, associations, institutions,...) être au plus proche des habitantes et des habitants, y compris en renforçant les démarches d'aller vers, y compris en utilisant les modes de communication utilisés par les jeunes. Mener des réflexions et actions coordonnées, les adapter régulièrement en fonction des besoins.

Convaincue par le dispositif de réussite éducative, je suis aussi convaincue qu'il serait utile de le renforcer et de poursuivre ce type de démarches pour les plus grands.

Il nous faut aussi ouvrir le champ des possibles par des actions ou dispositifs permettant de valoriser les compétences, les expériences de chacune et chacun au sein même de nos quartiers, et mettre en lumière des parcours inspirants.

  1. Vous avez également consacré une partie importante de votre parcours à la défense des droits des femmes et à la lutte contre les violences faites aux femmes. Selon vous, quels sont aujourd’hui les principaux défis pour garantir aux femmes un véritable accès à leurs droits et à l’égalité ?

Malheureusement, après 20 ans sur ce sujet, je ne crois pas qu'il soit aujourd'hui en France possible de garantir droits et égalité de traitement. L'accès à ceux-ci existe, même s'il est fragile.

Une loi cadre relative aux violences sexistes et sexuelles est indispensable.

L'exemple de la constitutionnalisation de l'IVG est peut-être ce qui se rapproche le plus d'une garantie. Pour le reste, qu'il s'agisse d'accès aux formations, à l'emploi, d'égalité salariale et professionnelle, d'accès aux fonctions électives, qu'il s'agisse de parentalité, de santé et sexualité, d'intégrité morale et physique,..., c'est tout l'état d'esprit de la société qu'il faudrait réussir à changer. Que chacune et chacun chausse les lunettes du genre. Que chacune et chacun ait la conviction que les femmes et les hommes sont égaux et riches de leurs différences.

L'éducation est la principale clé.