Abroger la loi SRU : le choix du renoncement
15/09/2026
Faire du logement une priorité est une impérieuse nécessité. Mais prétendre répondre à la crise actuelle en supprimant la loi SRU comme le propose Marine LE PEN constitue une erreur de diagnostic autant qu’une faute politique.
« Comme élu chargé du logement, j’en mesure chaque jour la gravité. Elle frappe les familles modestes, les jeunes actifs, les retraités et les étudiants. Premier poste de dépense des ménages, le logement ne se résume jamais à un toit : il conditionne l’accès à l’emploi, aux études, à la stabilité familiale et, finalement, à la dignité » précise Guillaume Godey, secrétaire national à la Ville et au Logement du Parti Radical.
L’urgence devrait donc nous rassembler : construire davantage, rénover notre patrimoine, adapter les logements aux besoins de leurs occupants et remettre les logements vacants sur le marché.
Abroger la loi SRU ne permettrait de produire aucun logement supplémentaire. Cela offrirait simplement aux communes les plus réticentes la possibilité de se soustraire davantage encore à l’effort collectif. Nous prendrions alors le risque de concentrer les difficultés dans les mêmes villes et de laisser certains territoires se protéger durablement d’une réalité qui concerne pourtant toute la nation.
La loi SRU n’est ni parfaite ni intangible. Elle doit pouvoir évoluer pour mieux tenir compte des réalités foncières, économiques et territoriales. Mais ce qui doit être amélioré ne doit pas nécessairement être détruit. Cette loi reste un instrument indispensable de mixité sociale et de solidarité entre les communes.
« Comme secrétaire national du Parti Radical à la ville et au logement, je veux rappeler ce qui fonde notre engagement. Dans la tradition radicale, incarnée notamment par Jean-Louis Borloo, la République ne détourne pas le regard lorsque certains quartiers ou certains territoires décrochent. Elle y revient, non par les discours, mais par l’investissement, le logement, l’école, l’emploi et les services publics. C’est ainsi que l’on répare les fractures françaises. Certainement pas en opposant les Français les uns aux autres » indique Guillaume Godey.
Le logement social doit être attribué selon des critères objectifs, transparents et équitables : les ressources, la situation familiale, le handicap, l’urgence sociale, les conditions de logement et les besoins réels. La République ne trie pas les détresses selon les origines : elle répond aux situations avec justice, exigence et humanité.
Faire nation, ce n’est pas choisir ceux que l’on protège et ceux que l’on abandonne. C’est faire vivre, partout, la même promesse de dignité.