Ceuta : ce que l’Europe finance là-bas, préparons-le aussi ici
29/08/2026
L’Europe investit déjà des moyens importants dans ses partenariats avec les pays du sud de la Méditerranée : développement économique, formation professionnelle, emploi, mobilité et gestion des migrations.
Avec le Maroc et la Tunisie, l’Union européenne est même allée plus loin en mettant en place des Talent Partnerships, destinés à rapprocher les compétences, les formations et les besoins des marchés du travail.
C’est une politique utile. Mais il manque encore un maillon.
Sur le territoire européen vivent des personnes qui devront retourner dans leur pays d’origine. Pour celles faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire, et lorsque leur situation juridique le permet, pourquoi ne pas utiliser le temps précédant leur départ pour préparer leur réinsertion professionnelle ?
Le Parti Radical propose la création d’un Contrat de qualification et de réinsertion, fondé sur le volontariat : évaluation des compétences, reconnaissance des savoir-faire déjà acquis puis, lorsque cela est pertinent, formation professionnelle courte et qualifiante.
Mais avec une différence essentielle : nous ne formerions pas ces personnes en fonction des seuls besoins français ou européens, mais aussi en fonction des métiers dont leur pays d’origine a besoin.
Nous disposons déjà d’outils pour identifier ces besoins.
Dans le Talent Partnership conclu avec le Maroc, cinq secteurs prioritaires ont été retenus : mécatronique, conduite de poids lourds, construction, agriculture et tourisme. Les métiers du soin et de l’aide à la personne ainsi que la métallurgie figurent également parmi les secteurs d’intérêt commun.
Avec la Tunisie, les secteurs identifiés comprennent notamment le numérique, le tourisme, le transport et la logistique, la construction, l’agriculture et l’industrie, en particulier les secteurs électrique et métallurgique.
Pourquoi ne pas utiliser cette connaissance des besoins économiques pour préparer aussi les retours ?
L’accompagnement commencerait en Europe et se poursuivrait dans le pays d’origine : accès à un organisme de formation ou à une entreprise partenaire, équipements professionnels, accompagnement vers l’emploi ou soutien à la création d’une activité. Les financements européens pourraient être mobilisés dans le cadre de programmes précisément identifiés, traçables et évalués.
Il ne s’agit pas de retarder ou d’empêcher l’exécution
d’une décision de retour. Il s’agit de rendre ce retour plus durable.
La crise de Ceuta nous rappelle l’urgence d’une telle évolution. Lorsque des dizaines de milliers de personnes sont prêtes à franchir une frontière au péril de leur vie, la réponse ne peut être uniquement sécuritaire. L’Europe doit évidemment protéger ses frontières et lutter contre les filières clandestines. Mais elle doit également agir sur les perspectives économiques qui attendent les personnes de l’autre côté de la Méditerranée.
Ceuta pourrait ainsi devenir, avec l’Espagne, le Maroc et l’Union européenne, l’un des territoires d’expérimentation d’une politique associant contrôle des frontières, qualification, retour et réinsertion.
Notre politique migratoire doit apprendre à agir des deux côtés de la Méditerranée : investir dans les compétences là-bas et commencer, lorsque c’est possible, à préparer la réinsertion ici.
« Reconduire sans préparer le retour ne suffit pas. Une qualification, un métier et une perspective économique peuvent permettre à celui qui doit repartir de reconstruire son avenir dans son pays et réduire le risque d’un nouveau départ sur les routes clandestines ». »
Patricia FIDI, Secrétaire nationale Migration du Parti Radical
« Protéger nos frontières et offrir des perspectives dans les pays d’origine ne sont pas deux politiques contradictoires. Elles doivent devenir les deux piliers d’une même stratégie européenne, responsable et durable. » Nathalie DELATTRE, Présidente du Parti Radical