Le loup, bientôt le lynx : une inquiétude légitime de nos éleveurs
17/04/2026
Dans quelques semaines, les troupeaux de moutons rejoindront « l’air pur » des prairies. Or, dans les Alpes-de-Haute-Provence, 536 attaques de loups ont été recensées en 2025 : une légère baisse par rapport à 2024, due aux premières mesures décidées par le ministère de l’Agriculture, mais 1 399 ovins ont tout de même été tués, soit une progression de 3 %.
En Corrèze, 230 animaux issus de 57 élevages ont subi 230 attaques en 2025. À l’échelle nationale, ce sont quelque 11 000 animaux qui sont victimes chaque année de ces canidés. On comprend dès lors l’inquiétude profonde de nos éleveurs à l’approche de la mise en herbe.
Face à une situation particulièrement pénalisante ; stress, baisses de lactation, avortements, moindre prise de poids ; la ministre de l’Agriculture, interrogée par le sénateur radical Daniel Chasseing, a annoncé, en lien avec sa collègue chargée de l’Environnement, la facilitation des tirs de défense et des tirs de prélèvement, même si ces derniers demeurent complexes à mettre en œuvre.
Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles devrait en outre introduire des dispositions visant à sécuriser les arrêtés préfectoraux. Mais une nouvelle inquiétude pointe parmi les éleveurs : la réintroduction du lynx, prévue pour 2027. Si les attaques de ce félin restent aujourd’hui minoritaires par rapport à celles du loup, le risque de nouvelles prédations est bien réel.
Certains mouvements se réclamant de l’écologie, mais méconnaissant les réalités agricoles et environnementales, alimentent une émotion amplifiée par une partie des médias, occultant ainsi le rôle essentiel des éleveurs, premiers défenseurs de la biodiversité dans l’exercice même de leur métier.
France Nature Environnement elle-même est consciente des dégâts que pourrait entraîner la réintroduction du lynx et souligne la nécessité de trouver un territoire offrant une bonne acceptabilité locale. « Plus que jamais, les éleveurs et leurs représentants doivent être étroitement associés aux décisions susceptibles de remettre en cause le maintien de l’élevage en plein air : condition essentielle à la qualité de nos productions et à la souveraineté alimentaire de notre pays » précise André PIAZZA, secrétaire national Agriculture, pêche, mer du Parti Radical.