Le Parti Radical exprime de sérieuses réserves sur le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République
17/06/2026
Alors que l’Assemblée examine le projet de loi insérant un nouvel article 72-5, vote solennel le 23 juin, le Parti Radical exprime de sérieuses réserves. En cause, une formule des écritures constitutionnelles du 11 mars 2024 maintenue dans le texte : la reconnaissance d’une « communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre ».
Héritiers de Léon Bourgeois et de Ferdinand Buisson, les Radicaux tiennent que la citoyenneté ne se définit ni par l’origine, ni par la naissance, ni par l’appartenance à une communauté, mais par l’adhésion à un projet commun. En 1991, le Conseil constitutionnel écartait la notion de « peuple corse », rappelant que la République « ne connaît que le peuple français […] sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Ce que le juge avait refusé, on voudrait l’inscrire dans la Constitution.
Le gouvernement a passé outre l’avis de son propre Conseil d’État, qui jugeait cette notion de « communauté » inappropriée.
Le Parti Radical défend la décentralisation constitutionnelle et le droit à la différenciation : la loi peut varier selon les territoires, pourvu qu’en un lieu donné elle s’applique également à tous. Nous ne contestons pas l’adaptation des normes à l’île, mais la constitutionnalisation d’une appartenance, étrangère à l’article 1er.
Le « processus de Beauvau » fixait une méthode : poser les difficultés concrètes des insulaires avant les réponses institutionnelles. Elle n’a pas été tenue : la conclusion a précédé le diagnostic.
« Le Parti Radical a toujours su distinguer la décentralisation, qui renforce la République, de la fragmentation, qui l’érode. Ce texte franchit cette ligne, et nous ne pouvons pas faire semblant de ne pas le voir », conclut Nathalie Delattre, Présidente du Parti Radical.