90 ans des congés payés : où en sont les vacances pour tous et le Tourisme social ?
26/06/2026
Le 20 juin 1936, la loi constituant un congé annuel payé de 14 jours est promulguée. Discutée et votée le 11 juin, ses décrets d’application publiés le 1er août permettent dès l’été 1936, le départ en vacances de centaines de milliers de travailleurs.
Alors qu’en cette année 2026, marquée par le conflit en Iran qui impacte le pouvoir d’achat, 25% des Français renonceraient à un départ en vacances, qu’en est-il des structures d’accueil dite sociales et solidaires ?
C’est en 1956 qu’apparait le terme de Tourisme social (remplaçant celui de Tourisme populaire), qui englobe les acteurs d’un tourisme ayant « pour objectif de rendre effectifs le droit aux vacances et l’accessibilité au tourisme pour tous les groupes de la population, jeunes, familles, retraités, handicapés et personnes à faible revenus ». Sous cette appellation, environ 400 villages vacances, une centaine d’hôtels, auberges de jeunesse et campings, offrant plus de 150.000 lits, regroupent cette offre, à laquelle s’ajoutent des dispositifs nationaux, tels que l’ANCV, (chèques vacances, seniors en vacances) VACAF… en lien avec les CSE, également propriétaires de capacité d’hébergement.
Ce secteur est aujourd’hui menacé. En effet, ces organismes de vacances (souvent associatifs tels, VVF, Villages clubs du soleil, Vacances bleues, Miléade, VTF, UCPA…) ne sont pas propriétaires de l’ensemble de leurs structures de villages-vacances. Ils sont, historiquement, mandatés par les collectivités territoriales, (ou par les CSE, RATP, Air France, EDF…) pour gérer ces espaces, les collectivités y voyant notamment la possibilité de faire vivre des espaces littoraux, ruraux ou de moyenne montagne, favorisant un emploi local. Ils exploitent également des pépites sur les littoraux français, construits dans les années 50 et 60, sur des espaces qui ne seraient aujourd’hui plus construits.
Mais ces villages nécessitent de très gros investissements de rénovation et de mise aux normes énergétiques afin de répondre à une attente de la clientèle, en terme de confort et de modernité, tout en restant sur une gamme tarifaire accessible. Les collectivités, lourdement endettées, ont de plus en plus de mal à financer ces projets. Dès les années 80, l’Etat s’est désengagé de l’aide à la pierre alors existante.
Un modèle économique qui est donc à la peine aujourd’hui, malgré les nombreux regroupements ou fusions, confronté à la concurrence du secteur capitalistique. Ce qui amène les collectivités à faire le choix du tourisme haut de gamme, en cédant des emplacements de rêve, comme à la Palmyre et au Barcares pour le Club Med ou Groix pour Joker. Des choix lourds de conséquence sur le futur du tourisme social qui se retrouve confronté à des enjeux majeurs :
-Pouvoir conserver des emplacements de choix et continuer à proposer à leur clientèle une offre qui ne soit pas « au rabais », et qui favorise la mixité sociale, un des marqueurs des village-vacances.
-Retrouver un nouveau souffle en défendant ses valeurs, tourisme durable et responsable, ancrage et développement local.
Le tourisme social et solidaire, 1.6 Milliards d’Euros de CA, 19000 emplois ETP, équilibre les zones touristiques sous tension, en dynamise d’autres plus éloignées des grands flux touristiques et met en œuvre localement sa vocation d’inclusion, de citoyenneté et de transition écologique.
Préserver l’ADN unique du tourisme social, vecteur de création d’emplois locaux, de contribution active à la dynamique des territoires par leur utilité économique, sociale et environnementale, est aujourd’hui une nécessité sociétale.
« C’est pourquoi, nous appelons au renforcement du fonds TSI (Tourisme Social investissement) aujourd’hui de 75millions d’Euros, à l’engagement fort d’organismes tels que la Caisse des dépôts sur les financements à très long terme, et à l’accompagnement des parties prenantes (collectivités, associations, CSE), afin de préserver ce modèle de mixité sociale et d’accès aux vacances » indique Sylvie ROISNE, secrétaire nationale du Parti Radical Croissance économique, emploi, tourisme.