Communiqué de presse

Intelligence artificielle : coopérer sans dépendre, innover sans subir

27/06/2026

Il y a 2 semaines, le gouvernement américain a décidé de suspendre l’accès aux derniers modèles d’intelligence artificielle d’Anthropic pour les ressortissants non-américains. En quelques heures, une technologie utilisée par des chercheurs, des entreprises et des organisations du monde entier est devenue inaccessible au nom de la sécurité nationale américaine.

Cet épisode doit nous alerter. Il ne s’agit évidemment pas de contester le droit d’un État à protéger ses intérêts stratégiques. Mais il serait naïf, pour la France et l’Europe, de ne pas voir ce que cette décision révèle : l’IA n’est plus seulement un secteur économique ou un sujet d’innovation. Elle est devenue un attribut de puissance. Paradoxalement, malgré ses sorties souvent imprévisibles, Donald Trump aura au moins eu le mérite de nous ouvrir les yeux : la souveraineté numérique est une nécessité stratégique.

Anticipons. Aujourd’hui, c’est l’accès à un modèle d’IA qui peut être suspendu. Demain, ce pourrait être l’accès à des capacités de calcul, à des données, à des logiciels, à des infrastructures cloud ou encore à des outils utilisés par nos chercheurs, nos entreprises, nos administrations et nos services publics. Cela s’appelle une dépendance technologique, et elle peut devenir, du jour au lendemain, une vulnérabilité politique.

La France n’est pourtant pas démunie. Mistral AI en est l’un des symboles les plus visibles, mais notre force ne se résume pas à une seule entreprise. Notre pays dispose d’une forte densité de start-up, de chercheurs, d’ingénieurs et de laboratoires dans l’intelligence artificielle. De Hugging Face à Dust, de H Company à Craft AI, ou encore de Kyutai à Owkin, sans oublier nos pôles de recherche : Paris-Saclay, Inria, le CNRS et nos grandes écoles, la France possède déjà les fondations d’une puissance européenne de l’IA. L’enjeu n’est donc pas de célébrer une pépite isolée, mais de faire grandir tout un écosystème : modèles, calcul, cloud, données, recherche, financement, commande publique et usages industriels.

La souveraineté numérique ne doit pas être vue comme un repli. C’est une condition de liberté. Être souverain, ce n’est pas refuser le monde. C’est pouvoir coopérer sans dépendre, innover sans subir, choisir sans être contraint par les décisions d’une autre puissance.

Pour Jordan SAMHI, Secrétaire National R&D, IA et souveraineté numérique, « L’affaire Anthropic nous met face à notre futur : dans le siècle qui s’ouvre, les nations qui ne maîtriseront pas l’intelligence artificielle devront vivre avec les décisions de celles qui la maîtrisent. La France et l’Europe doivent donc accélérer, non pas en misant tout sur un seul champion, mais en soutenant toute la chaîne de valeur de l’IA : nos chercheurs, nos laboratoires, nos start-up, nos infrastructures, nos industriels et nos capacités de calcul. C’est ainsi que nous construirons notre indépendance de demain ».

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