Communiqué de presse

Projet de loi d’urgence agricole : tenir ensemble souveraineté, écologie et territoires.

19/05/2026

Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles doit être discuté en séance publique à l’Assemblée nationale à partir du 19 mai 2026. Pour le Parti Radical, ce texte doit être abordé avec une ligne claire : soutenir les agriculteurs, garantir une concurrence loyale, protéger notre environnement.

Notre responsabilité, au titre de la transition écologique, de la biodiversité et des transports, est de rappeler une évidence : l’agriculture française ne pourra rester souveraine que si elle préserve ses propres conditions de production. L’eau, les sols, les haies, les zones humides, les pollinisateurs et la qualité des écosystèmes ne sont pas des contraintes extérieures à l’agriculture. Ce sont ses infrastructures naturelles.

Les agriculteurs français l’ont bien compris dans leur grande majorité et agissent déjà avec cette préoccupation environnementale : rotations des cultures, couvertures végétales, prairies utilisées pour l’élevage, effluents animaux comme engrais organiques, haies servant la biodiversité et la protection des cultures et des animaux d’élevage, réduction des pesticides, etc.

Plusieurs dispositions méritent d’être soutenues :
– Le renforcement des contrôles sur les denrées importées répond à une exigence radicale de justice et de réciprocité : on ne peut pas demander aux producteurs français de respecter des standards élevés tout en acceptant des produits issus de normes moins protectrices. La création d’une brigade nationale de contrôle peut aller dans le bon sens, si elle dispose de moyens réels.

– Les mesures relatives à la restauration collective constituent également un levier utile. Fraîcheur, saisonnalité, qualité, niveau de transformation : ces critères permettent de mieux relier alimentation, santé publique, production locale et logistique de proximité. C’est aussi un sujet de transport : moins de dépendance aux chaînes longues, plus de cohérence territoriale, plus de circuits structurés autour des bassins de vie.

– La protection des captages d’eau potable va également dans le bon sens. Dans un contexte de changement climatique, la qualité de l’eau doit devenir une priorité stratégique. Tout en sachant que nos agriculteurs ont un besoin essentiel d’eau en quantité suffisante pour assurer notre souveraineté alimentaire, il convient que toute facilitation de certains ouvrages de stockage d’eau corresponde à la réalité des exigences et à une stratégie globale : sobriété, adaptation des cultures, gouvernance locale, restauration des sols et respect des équilibres hydrologiques. L’eau est un bien commun ; elle ne peut être traitée comme une simple variable productive.

La biodiversité doit aussi constituer une préoccupation constante. Ainsi une zone humide dégradée n’est pas une zone sacrifiable : elle doit être restaurée car elle a un rôle majeur contre les sécheresses, les inondations et l’érosion de la biodiversité.

Enfin, la simplification ne doit pas devenir une dérégulation.
S’il est nécessaire d’adapter les procédures et de ne pas bloquer nos agriculteurs soumis à la concurrence internationale avec de nouveaux règlements contraignants, il ne s’agit pas d’affaiblir les protections liées aux espèces et aux milieux naturels.

La ligne radicale est donc exigeante : produire, protéger, planifier. Produire pour assurer notre souveraineté alimentaire. Protéger les ressources naturelles qui rendent cette production possible. Planifier avec les territoires, les collectivités, les filières et les citoyens.

Rappelons aussi que le Parti Radical appelle à l’édification par l’Union européenne de clauses miroirs et à l’adoption d’un modèle de production agricole et agro-alimentaire européen, contrôlé et respectueux de l’environnement, avec les mêmes règles pour tous les pays européens.

« L’agriculture française mérite mieux qu’une opposition artificielle entre économie et écologie. La transition écologique n’est pas l’adversaire des agriculteurs ; elle doit être l’objet d’échanges et de décisions partagées car est la condition de leur avenir » , précise Laurence Gayte Secrétaire nationale Transition écologique, biodiversité, transport.

Communiqués

Voir +