Tourisme en France : un poids lourd économique en mal de reconnaissance
03/07/2026
A l’approche des premiers grands départs en vacances, tel un marronnier, les premiers bilans et perspectives sur le tourisme ne manquent pas d’être publiés, commentés et médiatisés.
Au-delà des grandes idées maintenant connues de tous, la France, première destination mondiale (102 millions de visiteurs en 2025) mais « seulement » troisième en terme de revenu avec 77,5 milliards de recettes internationales (+ 9%), il n’en demeure pas moins que le tourisme en France n’a pas la considération qu’il mérite au regard de son importance économique.
• La part du tourisme dans le PIB est de l’ordre de 9% en incluant les contributions indirectes, et un solde positif de la balance commerciale de 20milliards€.
• Le tourisme emploie environ 2 millions de travailleurs soit 5.8% de l’emploi total en France, 1.3 millions sont des emplois dans la restauration et l’hébergement.
• La fréquentation touristique soutient les performances des secteurs de la culture (musées, festivals, théâtres, fêtes locales, mode, …), l’artisanat local, la gastronomie ainsi que les transports.
Ces indicateurs flatteurs, souvent exprimés par la fréquentation des touristes étrangers en France, ne doivent pas masquer une réalité plus contrastée. En effet, le tourisme en France est pluriel : tourisme de loisirs, tourisme d’affaires, accueil des touristes internationaux, départ des français à l’étranger ou dans les territoires ultra-marins, tourisme social, chaque composante a ses problématiques propres.
Toutes ont des enjeux que nous pouvons regrouper sous 4 grandes rubriques :
– Gouvernance et organisation territoriale
o Traitement du tourisme de manière transverse, avec le transport, l’agriculture, l’aménagement du territoire, la culture, le développement durable et l’insertion/ emploi ; le tourisme et tous ces secteurs sont imbriqués.
o Rationalisation de la gouvernance : suppression du mille-feuille territorial, qui nuit à la lisibilité de l’organisation et dilue l’utilisation des moyens (état, région, département, communauté de communes, « pays », Grand Paris et territoire pour l’ile de France), afin d’accroitre la rentabilité effective des actions sur le terrain. Il convient de travailler les sujets importants du tourisme en mode Projet afin d’éviter le travail en silos et les décisions partisanes et/ou politiques et de dépasser les frontières administratives, incompréhensibles pour le consommateur.
– Transition numérique et mutualisation des outils de présentation de l’offre
o La digitalisation plus que jamais au cœur de la transformation du secteur
Si les sociétés privées ont franchi le pas, force est de constater que les instances publiques ont moins bien réussi dans la digitalisation de l’offre. L’IA est devenue une composante majeure. L’industrie du tourisme doit être accompagnée dans son utilisation et sa maitrise.
o Mise en place d’une plateforme de réservation rivalisant avec les plateformes internationales (OTA, booking, AirB&B…) pour garder sur le territoire la manne financière générée en termes de frais de service et de commissions.
– Valorisation des métiers du tourisme et mise en place de formation
o Une revalorisation des métiers du service. Création d’un parcours d’excellence des métiers du tourisme et de l’accueil, permettant de transformer en diplôme les expériences acquises et faciliter ainsi la mobilité dans le secteur. (Avec des ambassadeurs – entrepreneurs à succès)
o Création d’un statut type « auto-entrepreneur » du tourisme pour faciliter le recrutement de saisonniers et d’extras avec des charges réduites pour les salaires les plus bas et une plus grande flexibilité administrative.
– Tourisme durable/ Transition écologique
Le tourisme génère 11% des gaz à effet de serre de la France, dont 49% par le transport, d’où une urgence à gérer les sujets suivants :
o Décarbonation / Gestion des déchets / Rénovations énergétiques
o Gestion des flux/ valorisation d’espaces « nouveaux »
Ceci passe par les alternatives aux transports fortement émetteurs (vélos, covoiturage, intermodalité), au développement d’offres de proximité, à la rénovation énergétique des hébergements et structures d’accueil. Ceci signifie également d’innover dans la structure de nos offres et donc, pour les pouvoirs publics, d’accompagner cette démarche en la coordonnant, par exemple par des appels à projets pour permettre à cette offre d’émerger sur un territoire.
« Pour le Parti Radical, le tourisme en France n’est pas qu’un classement à l’échelle internationale. Il représente la vitalité de nos territoires, de nos savoir-faire et de notre art de vivre à la française. Nous nous devons de le faire évoluer vers un meilleur retour pour la population locale et l’exemplarité en termes de respect des écosystèmes qui le nourrissent. », précise Sylvie ROISNE, Secrétaire nationale Croissance économique, emploi, tourisme du Parti Radical.
Nathalie DELATTRE, Présidente du Parti Radical, en tant que Ministre déléguée au tourisme, a concrètement agi avec l’élaboration de la stratégie « Tourisme 2030 », validée en Comité interministériel en juillet 2025.
L’objectif est que la France demeure le pays le plus visité au monde et devienne la première destination durable, en atteignant 100 milliards d’euros de recettes touristiques.
La priorité a été donnée à la décarbonation et à la diversification du tourisme : gestion environnementale, nouvelles offres (œnotourisme, nature, ruralité), innovation et utilisation de la data.
Le tout en levant les freins au développement : inclusion, attractivité des métiers, simplification des normes, recherche d’investisseurs et intensification de la coopération entre l’État, les régions et les acteurs locaux.
En tant que Sénatrice de la Gironde, Nathalie DELATTRE poursuit son action en faveur du développement du tourisme avec une récente proposition de loi visant à simplifier, moderniser et sécuriser le cadre juridique applicable aux activités touristiques, tout en renforçant la protection des consommateurs et la lisibilité du droit.
Conscients de l’importance du secteur touristique dans l’économie et la société françaises, les Radicaux continueront à le faire évoluer pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain.